Ce n'est pas très poli ce titre, mais c'est ce que je pense d'elle. Elle, une sclérose en plaques [SEP] parmis tant d'autres.
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La fatigue intellectuelle mise en évidence de façon objective

La fatigue intellectuelle mise en évidence de façon objective

La fatigue, qu’elle soit physique ou intellectuelle, est une manifestation très fréquente et un symptôme majeur en cas de SEP. L’importance de la fatigue éprouvée est en général évaluée grâce à une échelle sur laquelle le sujet situe sa sensation subjective de fatigue. Extrêmement simple à mettre en œuvre, cette mesure a l’inconvénient majeur de ne pas être corrélée avec les caractéristiques de la SEP telles que la quantité de lésions, l’ancienneté de la maladie ou encore l’importance du handicap.

Pour la fatigue intellectuelle (appelée aussi fatigue cognitive), la situation pourrait bien changer prochainement, comme en témoigne par exemple le travail d’une équipe américaine (J DeLuca et al. J Neurol Sci. 2008; 270: 28-39) qui a eu recours à l’IRM fonctionnelle pour étudier les variations de l’activité cérébrale lors du maintien d’un effort mental prolongé connu pour provoquer de la fatigue cognitive. Le principe de l’IRM fonctionnelle est de détecter et de visualiser les modifications de l’irrigation des différentes zones du cerveau lorsqu’il est occupé à accomplir une tâche déterminée.

Dans le travail en question, 15 sujets atteints de SEP et 15 sujets témoins ont été examinés en IRM fonctionnelle alors qu’ils étaient soumis de façon répétée au test SDMT. Ce test est un test de substitution dont le principe est de demander d’examiner une série de 9 symboles puis, en se référant à une grille d’interprétation, de remplacer chaque symbole par le nombre correspondant de la grille.

Globalement les résultats indiquent que les sujets atteints de SEP réalisent les tests un peu moins vite que les sujets témoins, mais qu’ils ne font pas plus d’erreurs. La distinction se fait par la constatation d’une activité plus importante (irrigation augmentée) dans diverses zones du cerveau lorsque les sujets atteints de SEP présentent des modifications de comportement indiquant une fatigue intellectuelle. Cette augmentation d’activité est retrouvée à la fois lorsque l’évaluation se fait sur un seul test (variations entre le début et la fin du test reflétant une fatigue intellectuelle à court terme) et sur plusieurs tests successifs (variation entre le début du premier et la fin du dernier test d’une série de quatre, reflétant une fatigue à long terme).

Les investigateurs espèrent que ces données permettront de mieux comprendre les relations entre la fatigue et les autres manifestations de la SEP. Ils mentionnent d’ores et déjà que la constatation d’une irrigation augmentée de la base du cerveau (région du thalamus) est un argument en faveur de l’hypothèse d’une origine neurologique centrale de la fatigue intellectuelle.

Dr Jean-Claude Lemaire

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